Critique de film => 3 Billboards : Les panneaux de la vengeance.

Coucou les amoureux du cinéma,

Three billboards est un drame américain et britannique réalisé par Martin McDonagh en 2018. Bande annonce

Mildred Hayes, soif de vengeance après que la mort de sa fille violée et tuée n’ait pas avancé, décide de prendre les rennes en affichant sur trois grands panneaux un message visant le chef de la police sur une route à l’entrée de la ville.

Tout d’abord, Martin McDonagh ouvre le film sur des images d’une route déserte et morte. Cet effet de route déserte est accentué par la brume recouvrant toute la route, ainsi que par le ciel gris. Ce début introduit les trois grands panneaux qui vont être le sujet principal de l’histoire.

En effet, lorsque Mildred Hayes est intriguée par ces anciens panneaux publicitaires, on comprend que ces derniers vont prendre une tournure dans la direction du film. Nous, spectateurs, devenons alors intrigués également.

 

Three billboards se fonde sur trois tableaux distincts. En effet, la culpabilité, la colère et la vengeance sont les trois sujets qui ressortent dans ce film. Ces derniers font ressortir le deuil de la mère, Mildred, qui, tout au long du film passent par ces trois états dû à la souffrance de la disparition de sa fille. Par ailleurs, Mildred ressent de la culpabilité car la relation entretenue entre elle et sa fille était de nature conflictuelle. Lors de la scène de dispute entre ces deux personnages, la maman déclare à sa fille qu’elle souhaiterait que cette dernière se fasse violée sur la route et sa fille lui répond qu’elle aussi, elle le souhaite. Ce flashback révèle une profonde colère envers elle-même.

Cependant, par l’intermédiaire des trois panneaux, l’espoir tourne autour de l’histoire. Mildred, en diffusant ce message, effectue un appel à l’aide afin de trouver le coupable dans l’affaire de sa fille. Or, cet appel à l’aide n’aura pas les effets attendus. Le chef de la police, faisant des efforts pour avancer dans l’enquête, est finalement impuissant face à cette mort sans preuves laissées. De plus, Mildred doit faire face à un policier raciste et irrespectueux, Dixon.

De plus, sa perte d’espoir s’accélère lorsque les panneaux brûlent mystérieusement un soir. Cette scène forte du film nous montre Mildred effondrée sur le sol à genoux, qui regarde les panneaux brûlés avec impuissance face à cette situation. Tous ses espoirs s’effondrent face à un chef de police incapable d’avancer sur l’enquête, un représentant de la loi qui souhaite ne pas avancer sur l’affaire. Ce film nous montre une Amérique dans sa vérité, notamment avec le racisme et le banditisme qui sont représentés tout au long de l’histoire.

Mais, derrière ces personnages représentant les caricatures des Etats-Unis, on connaît un sentiment de compassion pour chacun des protagonistes. En effet, le suicide du chef de la police a des répercussions sur le destin du récit. Par exemple, la lettre adressée à Dixon va révéler son vrai visage ; par ailleurs, ce dernier va faire renaître l’espoir de Mildred. Cette deuxième scène également forte en émotion est synonyme de retournement au sens où Mildred et Jason Dixon vont créer une sorte de duo pour chercher le violeur de sa fille. L’ancien policier va montrer un visage empathique et bienveillant, s’opposant à un policier antipathique.

Ce basculement fait de ce film, une histoire bouleversante et humaine, où les touches humoristiques, étant dans un sens plutôt noir, sont merveilleusement introduites dans les dialogues entre les personnages.

Les personnages de ce film sont parfaitement incarnés. Dans un premier temps, Frances McDormand qui joue le personnage de Mildred Hayes, représente d’une manière irréprochable une mère qui se situe dans un sentiment de deuil et qui arrive à nous bouleverser tout au long du film grâce à son regard poignant. Dans le rôle de Jason Dixon, on retient particulièrement la performance de l’acteur Sam Rockwell. En effet, ce dernier nous représente un visage sans pitié et détestable ; mais sa remarquable évolution dans le film, fait de lui l’acteur qu’on admire par son rôle troublant. Ensuite, le chef de la police, nommé Bill Willougby, et interprété par Woody Harrelson, aussi père de famille, est un personnage plein de compassions et émouvant dû à ce qu’il traverse.

Three Billboards est alors un drame bouleversant et très touchant, dans lequel le réalisateur apporte d’une manière subtile un humour noir, sans tomber dans la caricature des personnages. Ce film nous montre un combat acharné mais magistral d’une mère forte, nous transportant dans un tourbillon émotionnel, dans lequel on en ressort troublé.