PARANOÏA

Un thriller innovant et carrément flippant

Un long-métrage filmé entièrement avec un IPhone ; ma curiosité était beaucoup trop grande pour résister à l’idée de voir à quoi ça pouvait rendre sur grand écran.

 Et honnêtement, j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce thriller américain réalisé par Steven Soderbergh avec Claire Foy comme actrice principale en tant que Sawyer Valentini et Joshua Leonard à ses côtés qui joue David Strine, son stalker (qui fait vraiment peur d’ailleurs).

Pour résumer l’histoire, Sawyer Valentini déménage de Boston afin de tenter de changer de vie après avoir été victime de harcèlement dans cette ville. A la suite de cela, voulant régler ses problèmes, elle se confie à un psychologue. Mais, elle se retrouve coincée contre son gré dans une clinique psychiatrique. Elle demande alors de l’aide auprès de la police, puis auprès de sa mère, mais en vain. Elle est alors prise au piège et commence à croire sa folie ; notamment lorsqu’elle pense se retrouver face à son ancien harceleur.

Dans le personnage de Sawyer Valentini, Claire Foy est impressionnante. Je trouve qu’elle fait de Sawyer un personnage fort et riche en émotions, torturé par ses démons ; mais d’une dureté saisissante, puisque Sawyer est prête à tout pour sortir de cet enfer. Une petite actrice en apparence mais d’une grande prestance !

Ensuite, dans le rôle de David Strine, Joshua Leonard est également formidable. Personnellement, son personnage m’a réellement angoissé tout au long du film. Il fait de David un harceleur complètement aveugle et irrationnel dans sa folie. Je sais pas si vous aussi, mais parfois il y a des personnages comme ça qui m’insupporte mais vraiment ! Tout du long, j’ai haï le personnage qu’il était ; un homme qui se comporte comme un enfant et qui est très malsain dans sa tête. Je ne sais pas comment je réagirais si un jour je tombe sur un être comme celui-ci…

Enfin bref, tout ça pour dire que l’interprète de David Strine a brillement réussi à s’approprier le personnage pour susciter une peur comme ça chez moi.

Mais revenons au sujet de l’IPhone car oui le réalisateur innove et assume totalement l’utilisation de ce petit objet !

Les particularités de l’image fournies par celui-ci, rendent le travail sur les angles et la profondeur de champ plus marquées. En effet, au début du film, la caméra de l’iPhone filme Sawyer comme si c’était l’observateur de cette dernière. La manière de filmer révèle un côté intrusif et voyeuriste. Pour ma part, j’ai réellement ressenti le climat de malaise et d’angoisse qui s’installe dès le début du film. En plus de cela, j’ai peu senti la différence de qualité entre la caméra de l’IPhone et la caméra utilisée normalement pour un film. La qualité était incroyable !

De plus, une frontière s’instaure entre le réel et la folie du côté de Sawyer mais également de nous, les spectateurs, car je trouve qu’on commence, comme elle, à douter de sa raison, notamment lorsqu’elle pense voir David Strine, son harceleur de Boston ; personnellement, je ne sais pas si à ce moment-là du film elle est paranoïaque ou alors il est bien présent devant ses yeux et elle n’hallucine pas. Cependant, sa paranoïa se manifeste avant de se retrouver piégée dans la clinique : en effet, lorsqu’elle était sur le point de passer la nuit avec un inconnu, je pense que sa réaction laisse à suggérer le fait qu’elle pense voir son harceleur.

Lors des scènes d’hôpitaux, j’ai ressenti ce malaise dû au fait que je pouvais vraiment ressentir le regard de la caméra qui traquait Sawyer. Les moindres faits et gestes de ce personnage sont surveillés. J’ai également senti l’oppression qu’elle pouvait ressentir car les lumières sont sombres, la luminosité est absente dû aux faits qu’il n’y a aucune fenêtres ; mis à part les moments partagés entre Nate et Sawyer dans la petite cour de la clinique; ces scènes sont synonymes d’espoir; mais l’angoisse remonte rapidement lorsqu’on revient dans les scènes intérieures.

Juste une petite parenthèse pour parler de ce duo qui se forme dans le film et pour lequel j’ai eu un coup de cœur (Oui, j’avoue, je les ai trouvés trop mignon ensemble). Je n’ai pas pu m’empêcher de m’attacher à lui et j’aurais vraiment eu envie que ça aille plus loin entre lui et Sawyer. Lorsqu’on le voit mort dans la cave, ça a été un coup bas de la part du réalisateur de le faire mourir car personnellement ça m’a enlevé tout espoir envers Sawyer.

Toute cette réflexion me pousse à penser qu’on pourrait parler d’horreur dans ce film car Swayer vit un cauchemar et parce que j’ai vraiment ressenti de l’angoisse, voire de l’oppression. Ce malaise est totalement assumé par Steven Soderbergh en innovant dans son film grâce à l’IPhone.

J’aime d’autant plus Paranoïa grâce à son engagement en dénonçant la situation des femmes harcelées qui se retrouvent en danger, et qui, parfois, n’ont personne à qui en parler.

Un long-métrage engagé d’une manière sociale ; ce thriller m’a vraiment emporté dans la folie de cette femme incarnée par Claire Foy et qui réussit à me captiver du début à la fin.

Un film qui permet de remettre en question la société, voir même le gouvernement et la police qui n’agit pas face à ce type de situations. Personnellement, ça me révolte ! En même temps qui ça ne révolterait pas ?…

Si vous n’avez toujours pas vu ce film, foncez le voir ; vos yeux ne lâcheront pas d’une seconde l’écran.