MY LADY : LE DESTIN CHAMBOULÉ D’UNE FEMME FORTE

My Lady; l’exemple d’une femme forte pour qui les bouleversements chamboulent toute son existence.

Lundi 27 août, les cours n’ont pas encore recommencé, j’ai encore du temps pour moi afin de me plonger seule dans les salles obscures. (Oui, je vais au cinéma toute seule et j’adore ça). Etant intrigué par la bande-annonce de My Lady, notamment au sujet que ce film abordait, mon corps et moi avons décidé de se bouger et d’installer confortablement (ou pas) mes petites fesses.

            Tout d’abord, My Ladyest un film britannique réalisé par Richard Eyre, avec comme actrice principale ;Emma Thompson ; mais également avec Stanley Tucci et Fionn Whitehead.

Énorme coup de cœur pour ce film et surtout cette femme, Fiona Maye. L’exemple même d’une femme endurcie qui a brillamment réussi dans sa carrière ; chose qui tout d’abord m’inspire dans ce film.

Lorsque Fiona Maye passe la porte de la Cour Haute, ce n’est plus une femme mariée banale, mais une grande juge britannique se faisant nommée « My Lady ». Malgré la pression des affaires, elle reste une femme concentrée, rigoureuse, minutieuse et sûre d’elle. Mais, lorsque son mari lui avoue vouloir une liaison car il ne se sent plus désiré, elle devient bouleversée par cet aveu qui vient remettre en question toute sa confiance envers cet homme, son couple, mais aussi elle-même. A ce moment-même de sa vie, une rencontre vient la bouleverser ; celle d’un jeune homme souffrant d’une leucémie, pour qui ses jours sont comptés car, étant témoin de Jéhovah, il ne souhaite pas recevoir de transfusion qui peut lui sauver la vie.

Je l’avoue, avant d’aller voir ce film, je pensais que ça parlerait principalement de religion. Mais, à ma grande surprise, absolument pas. J’ai été très touchée par ce film qui parle d’une rencontre qui change la vie de cette femme. Et, ce contact entre ces deux personnages m’a aussi perturbé parce que je n’arrivais pas à savoir si c’était de l’amour qu’il y avait entre deux ou autre chose. Tout au long du film, j’ai eu cette impression qu’elle tombait amoureuse de ce jeune homme ; même si elle essaye de se convaincre que cette affaire est finie et qu’il faut tourner la page de manière professionnelle, elle ne peut nier le fait que ce garçon l’a bouleversé à un moment compliqué de sa vie.

            Mais d’un autre côté, j’ai aussi penché sur le fait qu’elle le considérait peut-être comme l’enfant qu’elle a décidé de ne pas avoir dans le passé.

            Je ne savais pas dans quelle direction aller pour comprendre leur rencontre, leur relation ; c’était très ambiguë pour moi pendant tout le film.

 Puis, j’ai vraiment retrouvé un charme britannique dans ce film que j’aime particulièrement, sans les artifices à l’américaine et les « happy endings ».

L’utilisation de lumières naturelles dans l’esthétisme du film, rend le film très réaliste et permet de nous concentrer sur l’histoire.

 Pour moi, c’est l’histoire d’une femme qui dû garder la tête froide et haute durant des années pour son titre de « My Lady », mais pour qui ses décisions la rattrapent ; comme le fait de mettre sa vie privée et de couple de côté ou encore de ne pas avoir d’enfants au profit de sa vie professionnelle. Cette femme est alors à un moment de sa vie qui la pousse à se remettre en question pour se laisser libre à ressentir des émotions et de ne pas toujours être dans le rationnel. Car, finalement, seul son piano lui permet d’échapper à la réalité lorsque ses doigts effleurent les touches et, que la mélodie la transporte alors hors de la réalité.

            Mais il faut quand même avouer que derrière cette histoire de rencontre, il y a toutefois un enjeu religion. Le réalisateur dénonce les sectes et/ou la religion qui, pour garder le pouvoir, manipule un adolescent naïf et perdu atteint d’une maladie grave, à la limite de la mort, juste pour des principes qui ne sont même pas véridiques et vérifiés. En effet, ce qui m’a réellement choqué est le fait que les parents souhaitent en réalité la transfusion pour Adam, joué par Fionn Whitehead, mais restent impuissants et ne luttent pas contre la parole des personnes qui influencent leur enfant. Comment peut-on laisser son enfant gravement malade, à la limite de la mort, et ne rien faire par peur d’être rejeté d’une communauté à laquelle ils appartiennent ? Je vous laisse réfléchir à cette question…

            Maintenant, place au travail des acteurs. Je trouve Emma Thompson éblouissante dans le rôle de Fiona Maye. Cette femme qui porte la justice sur ses épaules et qui doit paraître sans imperfections est une figure de femme forte pour moi et qui est endurcie pour pouvoir supporter toute cette pression. Cette pression, je l’ai aussi ressentie, et ce combat qu’elle a en elle également mais dans cette histoire, elle ne laisse rien transparaitre.

Et c’est pour cela que je trouve que cette actrice s’est laissé transporter par ce personnage et par cette histoire, ou encore par cette rencontre bouleversante.

Néanmoins, il y a un point sur lequel j’aimerais parler ; ayant regardé Love Actually, son personnage et son couple m’ont fait remémorer au rôle qu’elle interprété dans ce film ; alors oui, elle joue une mère au foyer, contrairement au film de Richard Eyre, cependant, elle se retrouve dans une situation où son couple est dans une impasse. Son personnage, ainsi que son jeu ne m’ont alors pas surprise de ce qu’elle fait habituellement dans ses anciens films ; contrairement à Stanley Tucci, où, en effet, dans le rôle de Jack, m’a impressionné ; l’ayant vu dans Le Diable s’habille en Prada, mais aussi dans Hunger Games, le voilà enfin dans un rôle dans lequel, je le vois différemment en tant qu’acteur ; et, qui, son personnage m’a touché, notamment pour l’amour qu’il ressent envers Fiona Maye.

Ensuite, Fionn Whitehead, que j’ai vu dans Dunkerque, était très crédible dans le rôle du témoin de Jéhovah qui veut mourir pour sa foi, même si on se rend compte à la fin, qu’il fait ça pour avoir une belle mort qui se fait parler d’elle car c’est un adolescent perdu. La sensibilité de son interprétation m’a profondément touché ; selon moi, le travail de ce jeune acteur est brillement réussi et fait ses preuves dans ce film.

            J’ai trouvé ce film magnifique et je me suis laissée bercée tout du long sans détacher une seconde. Si je dois faire une conclusion de ce film ce serait ça mais aussi, qu’il permet de nous questionner sur la société, la religion et sur les conséquences qu’un choix peut avoir sur notre vie. Selon mon avis, à tout âge, il est possible de se retrouver dans une situation où toute notre vie est remise en question ; malgré le fait que celle-ci soit déjà presque toute tracée, nos décisions nous rattrapent toujours et ses conséquences sont là pour, parfois, mettre notre vie sans dessous dessus et nous ouvrir les yeux.

PARANOÏA

Un thriller innovant et carrément flippant

Un long-métrage filmé entièrement avec un IPhone ; ma curiosité était beaucoup trop grande pour résister à l’idée de voir à quoi ça pouvait rendre sur grand écran.

 Et honnêtement, j’ai eu un énorme coup de cœur pour ce thriller américain réalisé par Steven Soderbergh avec Claire Foy comme actrice principale en tant que Sawyer Valentini et Joshua Leonard à ses côtés qui joue David Strine, son stalker (qui fait vraiment peur d’ailleurs).

Pour résumer l’histoire, Sawyer Valentini déménage de Boston afin de tenter de changer de vie après avoir été victime de harcèlement dans cette ville. A la suite de cela, voulant régler ses problèmes, elle se confie à un psychologue. Mais, elle se retrouve coincée contre son gré dans une clinique psychiatrique. Elle demande alors de l’aide auprès de la police, puis auprès de sa mère, mais en vain. Elle est alors prise au piège et commence à croire sa folie ; notamment lorsqu’elle pense se retrouver face à son ancien harceleur.

Dans le personnage de Sawyer Valentini, Claire Foy est impressionnante. Je trouve qu’elle fait de Sawyer un personnage fort et riche en émotions, torturé par ses démons ; mais d’une dureté saisissante, puisque Sawyer est prête à tout pour sortir de cet enfer. Une petite actrice en apparence mais d’une grande prestance !

Ensuite, dans le rôle de David Strine, Joshua Leonard est également formidable. Personnellement, son personnage m’a réellement angoissé tout au long du film. Il fait de David un harceleur complètement aveugle et irrationnel dans sa folie. Je sais pas si vous aussi, mais parfois il y a des personnages comme ça qui m’insupporte mais vraiment ! Tout du long, j’ai haï le personnage qu’il était ; un homme qui se comporte comme un enfant et qui est très malsain dans sa tête. Je ne sais pas comment je réagirais si un jour je tombe sur un être comme celui-ci…

Enfin bref, tout ça pour dire que l’interprète de David Strine a brillement réussi à s’approprier le personnage pour susciter une peur comme ça chez moi.

Mais revenons au sujet de l’IPhone car oui le réalisateur innove et assume totalement l’utilisation de ce petit objet !

Les particularités de l’image fournies par celui-ci, rendent le travail sur les angles et la profondeur de champ plus marquées. En effet, au début du film, la caméra de l’iPhone filme Sawyer comme si c’était l’observateur de cette dernière. La manière de filmer révèle un côté intrusif et voyeuriste. Pour ma part, j’ai réellement ressenti le climat de malaise et d’angoisse qui s’installe dès le début du film. En plus de cela, j’ai peu senti la différence de qualité entre la caméra de l’IPhone et la caméra utilisée normalement pour un film. La qualité était incroyable !

De plus, une frontière s’instaure entre le réel et la folie du côté de Sawyer mais également de nous, les spectateurs, car je trouve qu’on commence, comme elle, à douter de sa raison, notamment lorsqu’elle pense voir David Strine, son harceleur de Boston ; personnellement, je ne sais pas si à ce moment-là du film elle est paranoïaque ou alors il est bien présent devant ses yeux et elle n’hallucine pas. Cependant, sa paranoïa se manifeste avant de se retrouver piégée dans la clinique : en effet, lorsqu’elle était sur le point de passer la nuit avec un inconnu, je pense que sa réaction laisse à suggérer le fait qu’elle pense voir son harceleur.

Lors des scènes d’hôpitaux, j’ai ressenti ce malaise dû au fait que je pouvais vraiment ressentir le regard de la caméra qui traquait Sawyer. Les moindres faits et gestes de ce personnage sont surveillés. J’ai également senti l’oppression qu’elle pouvait ressentir car les lumières sont sombres, la luminosité est absente dû aux faits qu’il n’y a aucune fenêtres ; mis à part les moments partagés entre Nate et Sawyer dans la petite cour de la clinique; ces scènes sont synonymes d’espoir; mais l’angoisse remonte rapidement lorsqu’on revient dans les scènes intérieures.

Juste une petite parenthèse pour parler de ce duo qui se forme dans le film et pour lequel j’ai eu un coup de cœur (Oui, j’avoue, je les ai trouvés trop mignon ensemble). Je n’ai pas pu m’empêcher de m’attacher à lui et j’aurais vraiment eu envie que ça aille plus loin entre lui et Sawyer. Lorsqu’on le voit mort dans la cave, ça a été un coup bas de la part du réalisateur de le faire mourir car personnellement ça m’a enlevé tout espoir envers Sawyer.

Toute cette réflexion me pousse à penser qu’on pourrait parler d’horreur dans ce film car Swayer vit un cauchemar et parce que j’ai vraiment ressenti de l’angoisse, voire de l’oppression. Ce malaise est totalement assumé par Steven Soderbergh en innovant dans son film grâce à l’IPhone.

J’aime d’autant plus Paranoïa grâce à son engagement en dénonçant la situation des femmes harcelées qui se retrouvent en danger, et qui, parfois, n’ont personne à qui en parler.

Un long-métrage engagé d’une manière sociale ; ce thriller m’a vraiment emporté dans la folie de cette femme incarnée par Claire Foy et qui réussit à me captiver du début à la fin.

Un film qui permet de remettre en question la société, voir même le gouvernement et la police qui n’agit pas face à ce type de situations. Personnellement, ça me révolte ! En même temps qui ça ne révolterait pas ?…

Si vous n’avez toujours pas vu ce film, foncez le voir ; vos yeux ne lâcheront pas d’une seconde l’écran.

La forme de L’eau

Coucou les amoureux du cinéma,

Aujourd’hui, on se retrouve pour parler du film oscarisé La Forme de l’eau ; un univers aux couleurs inouïes.

Ce long-métrage est un drame fantastique américain mais également une romance sortie en 2018, réalisé par Guillermo Del Toro.

 

Elisa, une femme muette, mène une vie solitaire et cadrée. En pleine guerre froide, cette dernière travaille en tant que femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental qui effectue des expériences secrètes ; jusqu’au jour où une expérimentation sur un amphibien va changer sa vie grâce à la rencontre entre cet être et cette femme isolée.

 

Un genre de Belle et la bête de la Guerre Froide, Guillermo del Toro nous laisse entrevoir sa vision de la société américaine de cette période. En effet, un monstre amphibien est emprisonné dans une cage d’un laboratoire secret américain afin de servir à effrayer les soviétiques. Nous avons alors le portrait d’une bête violente et agressive envers les humains. Mais, lorsque Elisa, curieuse face à cet être, rencontre ce dernier, une forte connexion se créée entre ces deux personnages.

La vie menée par Elisa est organisée et parfaitement rangée. La succession des scènes de son réveil à l’arrivée de son travail qui sont répétées plusieurs fois dans le film nous montre le début de sa journée qu’elle commence par de la masturbation dans son bain malgré une apparence innocente et naïve de ce personnage ; montrant une sorte de fantasme dans l’eau. De plus, malgré une vie isolée, cette femme possède deux amis ; sa collègue de travail, Zelda, et son voisin, Gilles.

Cependant, lorsque Elisa découvre l’homme poisson ; elle devient alors fascinée par celui-ci et ressent rapidement une complicité et une empathie envers cet être ; notamment lors des scènes de torture du Colonel Richard Strickland, interprété par Michael Shannon, est un homme sans pitié, cruel, se croyant plus fort que le reste du monde notamment face aux soviétiques. Elisa réussit donc à s’approcher de la créature et à créer une complicité par l’intermédiaire de nourriture, du langage des signes et de musique qu’elle lui fait découvrir. Cette femme est admirative face à la grandeur et à la beauté de l’amphibien. Une romance s’installe alors entre ces deux protagonistes et le réalisateur tourne une scène d’amour autour de l’eau ; comme si les deux personnages étaient liés et en connexion totale ; ils se comprennent et tombent amoureux. La bête devient alors métamorphosée et laisse tomber son masque face à Elisa mais également face à Gilles plus tard car ce dernier lui vient également en aide lorsqu’il sauve l’homme poisson de son emprisonnement.

On se laisse embarquer cette histoire d’amour synonyme d’irréelle mais aussi de beauté grâce à une esthétique travaillée avec l’emploi de couleurs et de lumières chaudes.

 

Les acteurs de ce film nous livrent une performance magnifique et touchante, notamment avec le personnage d’Elisa, interprété par Sally Hawkins ; accompagnée d’Octavia Spencer, qui interprète le personnage de Zelda Fuller, ajoute une touche d’humour à ce film, dans lequel on est captivé par cette histoire. De plus, l’interprétation de Michael Shannon nous montre son visage autoritaire et antipathique, représentant parfaitement la vision patriarcale de l’époque face à la Guerre Froide.

 

Une sorte de nouvelle adaptation de la Belle et la Bête, Guillermo del Toro nous offre une magnifique histoire d’amour, mettant en avant deux êtres qui ne peuvent vivre une vie normale dans la société dans laquelle ils vivent ; l’amphibien pour son apparence physique et Elisa dû à son handicap ; elle ne peut parler et parle alors en langage des signes avec l’homme poisson.

Après le Labyrinthe de Pan, sorti en 2006, Guillermo Del Toro réalise encore une fois un cinéma fantastique hors du commun et remporte notamment l’Oscar du Meilleur film en plus de l’Oscar du meilleur réalisateur. Ce réalisateur, par sa vision du fantastique et de l’amour, nous emporte dans son imagination fascinante d’un amour impossible, et réussit à nous faire rêver tout au long du film.

Critique de film => 3 Billboards : Les panneaux de la vengeance.

Coucou les amoureux du cinéma,

Three billboards est un drame américain et britannique réalisé par Martin McDonagh en 2018. Bande annonce

Mildred Hayes, soif de vengeance après que la mort de sa fille violée et tuée n’ait pas avancé, décide de prendre les rennes en affichant sur trois grands panneaux un message visant le chef de la police sur une route à l’entrée de la ville.

Tout d’abord, Martin McDonagh ouvre le film sur des images d’une route déserte et morte. Cet effet de route déserte est accentué par la brume recouvrant toute la route, ainsi que par le ciel gris. Ce début introduit les trois grands panneaux qui vont être le sujet principal de l’histoire.

En effet, lorsque Mildred Hayes est intriguée par ces anciens panneaux publicitaires, on comprend que ces derniers vont prendre une tournure dans la direction du film. Nous, spectateurs, devenons alors intrigués également.

 

Three billboards se fonde sur trois tableaux distincts. En effet, la culpabilité, la colère et la vengeance sont les trois sujets qui ressortent dans ce film. Ces derniers font ressortir le deuil de la mère, Mildred, qui, tout au long du film passent par ces trois états dû à la souffrance de la disparition de sa fille. Par ailleurs, Mildred ressent de la culpabilité car la relation entretenue entre elle et sa fille était de nature conflictuelle. Lors de la scène de dispute entre ces deux personnages, la maman déclare à sa fille qu’elle souhaiterait que cette dernière se fasse violée sur la route et sa fille lui répond qu’elle aussi, elle le souhaite. Ce flashback révèle une profonde colère envers elle-même.

Cependant, par l’intermédiaire des trois panneaux, l’espoir tourne autour de l’histoire. Mildred, en diffusant ce message, effectue un appel à l’aide afin de trouver le coupable dans l’affaire de sa fille. Or, cet appel à l’aide n’aura pas les effets attendus. Le chef de la police, faisant des efforts pour avancer dans l’enquête, est finalement impuissant face à cette mort sans preuves laissées. De plus, Mildred doit faire face à un policier raciste et irrespectueux, Dixon.

De plus, sa perte d’espoir s’accélère lorsque les panneaux brûlent mystérieusement un soir. Cette scène forte du film nous montre Mildred effondrée sur le sol à genoux, qui regarde les panneaux brûlés avec impuissance face à cette situation. Tous ses espoirs s’effondrent face à un chef de police incapable d’avancer sur l’enquête, un représentant de la loi qui souhaite ne pas avancer sur l’affaire. Ce film nous montre une Amérique dans sa vérité, notamment avec le racisme et le banditisme qui sont représentés tout au long de l’histoire.

Mais, derrière ces personnages représentant les caricatures des Etats-Unis, on connaît un sentiment de compassion pour chacun des protagonistes. En effet, le suicide du chef de la police a des répercussions sur le destin du récit. Par exemple, la lettre adressée à Dixon va révéler son vrai visage ; par ailleurs, ce dernier va faire renaître l’espoir de Mildred. Cette deuxième scène également forte en émotion est synonyme de retournement au sens où Mildred et Jason Dixon vont créer une sorte de duo pour chercher le violeur de sa fille. L’ancien policier va montrer un visage empathique et bienveillant, s’opposant à un policier antipathique.

Ce basculement fait de ce film, une histoire bouleversante et humaine, où les touches humoristiques, étant dans un sens plutôt noir, sont merveilleusement introduites dans les dialogues entre les personnages.

Les personnages de ce film sont parfaitement incarnés. Dans un premier temps, Frances McDormand qui joue le personnage de Mildred Hayes, représente d’une manière irréprochable une mère qui se situe dans un sentiment de deuil et qui arrive à nous bouleverser tout au long du film grâce à son regard poignant. Dans le rôle de Jason Dixon, on retient particulièrement la performance de l’acteur Sam Rockwell. En effet, ce dernier nous représente un visage sans pitié et détestable ; mais sa remarquable évolution dans le film, fait de lui l’acteur qu’on admire par son rôle troublant. Ensuite, le chef de la police, nommé Bill Willougby, et interprété par Woody Harrelson, aussi père de famille, est un personnage plein de compassions et émouvant dû à ce qu’il traverse.

Three Billboards est alors un drame bouleversant et très touchant, dans lequel le réalisateur apporte d’une manière subtile un humour noir, sans tomber dans la caricature des personnages. Ce film nous montre un combat acharné mais magistral d’une mère forte, nous transportant dans un tourbillon émotionnel, dans lequel on en ressort troublé.