La forme de L’eau

Coucou les amoureux du cinéma,

Aujourd’hui, on se retrouve pour parler du film oscarisé La Forme de l’eau ; un univers aux couleurs inouïes.

Ce long-métrage est un drame fantastique américain mais également une romance sortie en 2018, réalisé par Guillermo Del Toro.

 

Elisa, une femme muette, mène une vie solitaire et cadrée. En pleine guerre froide, cette dernière travaille en tant que femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental qui effectue des expériences secrètes ; jusqu’au jour où une expérimentation sur un amphibien va changer sa vie grâce à la rencontre entre cet être et cette femme isolée.

 

Un genre de Belle et la bête de la Guerre Froide, Guillermo del Toro nous laisse entrevoir sa vision de la société américaine de cette période. En effet, un monstre amphibien est emprisonné dans une cage d’un laboratoire secret américain afin de servir à effrayer les soviétiques. Nous avons alors le portrait d’une bête violente et agressive envers les humains. Mais, lorsque Elisa, curieuse face à cet être, rencontre ce dernier, une forte connexion se créée entre ces deux personnages.

La vie menée par Elisa est organisée et parfaitement rangée. La succession des scènes de son réveil à l’arrivée de son travail qui sont répétées plusieurs fois dans le film nous montre le début de sa journée qu’elle commence par de la masturbation dans son bain malgré une apparence innocente et naïve de ce personnage ; montrant une sorte de fantasme dans l’eau. De plus, malgré une vie isolée, cette femme possède deux amis ; sa collègue de travail, Zelda, et son voisin, Gilles.

Cependant, lorsque Elisa découvre l’homme poisson ; elle devient alors fascinée par celui-ci et ressent rapidement une complicité et une empathie envers cet être ; notamment lors des scènes de torture du Colonel Richard Strickland, interprété par Michael Shannon, est un homme sans pitié, cruel, se croyant plus fort que le reste du monde notamment face aux soviétiques. Elisa réussit donc à s’approcher de la créature et à créer une complicité par l’intermédiaire de nourriture, du langage des signes et de musique qu’elle lui fait découvrir. Cette femme est admirative face à la grandeur et à la beauté de l’amphibien. Une romance s’installe alors entre ces deux protagonistes et le réalisateur tourne une scène d’amour autour de l’eau ; comme si les deux personnages étaient liés et en connexion totale ; ils se comprennent et tombent amoureux. La bête devient alors métamorphosée et laisse tomber son masque face à Elisa mais également face à Gilles plus tard car ce dernier lui vient également en aide lorsqu’il sauve l’homme poisson de son emprisonnement.

On se laisse embarquer cette histoire d’amour synonyme d’irréelle mais aussi de beauté grâce à une esthétique travaillée avec l’emploi de couleurs et de lumières chaudes.

 

Les acteurs de ce film nous livrent une performance magnifique et touchante, notamment avec le personnage d’Elisa, interprété par Sally Hawkins ; accompagnée d’Octavia Spencer, qui interprète le personnage de Zelda Fuller, ajoute une touche d’humour à ce film, dans lequel on est captivé par cette histoire. De plus, l’interprétation de Michael Shannon nous montre son visage autoritaire et antipathique, représentant parfaitement la vision patriarcale de l’époque face à la Guerre Froide.

 

Une sorte de nouvelle adaptation de la Belle et la Bête, Guillermo del Toro nous offre une magnifique histoire d’amour, mettant en avant deux êtres qui ne peuvent vivre une vie normale dans la société dans laquelle ils vivent ; l’amphibien pour son apparence physique et Elisa dû à son handicap ; elle ne peut parler et parle alors en langage des signes avec l’homme poisson.

Après le Labyrinthe de Pan, sorti en 2006, Guillermo Del Toro réalise encore une fois un cinéma fantastique hors du commun et remporte notamment l’Oscar du Meilleur film en plus de l’Oscar du meilleur réalisateur. Ce réalisateur, par sa vision du fantastique et de l’amour, nous emporte dans son imagination fascinante d’un amour impossible, et réussit à nous faire rêver tout au long du film.

Critique de film => 3 Billboards : Les panneaux de la vengeance.

Coucou les amoureux du cinéma,

Three billboards est un drame américain et britannique réalisé par Martin McDonagh en 2018. Bande annonce

Mildred Hayes, soif de vengeance après que la mort de sa fille violée et tuée n’ait pas avancé, décide de prendre les rennes en affichant sur trois grands panneaux un message visant le chef de la police sur une route à l’entrée de la ville.

Tout d’abord, Martin McDonagh ouvre le film sur des images d’une route déserte et morte. Cet effet de route déserte est accentué par la brume recouvrant toute la route, ainsi que par le ciel gris. Ce début introduit les trois grands panneaux qui vont être le sujet principal de l’histoire.

En effet, lorsque Mildred Hayes est intriguée par ces anciens panneaux publicitaires, on comprend que ces derniers vont prendre une tournure dans la direction du film. Nous, spectateurs, devenons alors intrigués également.

 

Three billboards se fonde sur trois tableaux distincts. En effet, la culpabilité, la colère et la vengeance sont les trois sujets qui ressortent dans ce film. Ces derniers font ressortir le deuil de la mère, Mildred, qui, tout au long du film passent par ces trois états dû à la souffrance de la disparition de sa fille. Par ailleurs, Mildred ressent de la culpabilité car la relation entretenue entre elle et sa fille était de nature conflictuelle. Lors de la scène de dispute entre ces deux personnages, la maman déclare à sa fille qu’elle souhaiterait que cette dernière se fasse violée sur la route et sa fille lui répond qu’elle aussi, elle le souhaite. Ce flashback révèle une profonde colère envers elle-même.

Cependant, par l’intermédiaire des trois panneaux, l’espoir tourne autour de l’histoire. Mildred, en diffusant ce message, effectue un appel à l’aide afin de trouver le coupable dans l’affaire de sa fille. Or, cet appel à l’aide n’aura pas les effets attendus. Le chef de la police, faisant des efforts pour avancer dans l’enquête, est finalement impuissant face à cette mort sans preuves laissées. De plus, Mildred doit faire face à un policier raciste et irrespectueux, Dixon.

De plus, sa perte d’espoir s’accélère lorsque les panneaux brûlent mystérieusement un soir. Cette scène forte du film nous montre Mildred effondrée sur le sol à genoux, qui regarde les panneaux brûlés avec impuissance face à cette situation. Tous ses espoirs s’effondrent face à un chef de police incapable d’avancer sur l’enquête, un représentant de la loi qui souhaite ne pas avancer sur l’affaire. Ce film nous montre une Amérique dans sa vérité, notamment avec le racisme et le banditisme qui sont représentés tout au long de l’histoire.

Mais, derrière ces personnages représentant les caricatures des Etats-Unis, on connaît un sentiment de compassion pour chacun des protagonistes. En effet, le suicide du chef de la police a des répercussions sur le destin du récit. Par exemple, la lettre adressée à Dixon va révéler son vrai visage ; par ailleurs, ce dernier va faire renaître l’espoir de Mildred. Cette deuxième scène également forte en émotion est synonyme de retournement au sens où Mildred et Jason Dixon vont créer une sorte de duo pour chercher le violeur de sa fille. L’ancien policier va montrer un visage empathique et bienveillant, s’opposant à un policier antipathique.

Ce basculement fait de ce film, une histoire bouleversante et humaine, où les touches humoristiques, étant dans un sens plutôt noir, sont merveilleusement introduites dans les dialogues entre les personnages.

Les personnages de ce film sont parfaitement incarnés. Dans un premier temps, Frances McDormand qui joue le personnage de Mildred Hayes, représente d’une manière irréprochable une mère qui se situe dans un sentiment de deuil et qui arrive à nous bouleverser tout au long du film grâce à son regard poignant. Dans le rôle de Jason Dixon, on retient particulièrement la performance de l’acteur Sam Rockwell. En effet, ce dernier nous représente un visage sans pitié et détestable ; mais sa remarquable évolution dans le film, fait de lui l’acteur qu’on admire par son rôle troublant. Ensuite, le chef de la police, nommé Bill Willougby, et interprété par Woody Harrelson, aussi père de famille, est un personnage plein de compassions et émouvant dû à ce qu’il traverse.

Three Billboards est alors un drame bouleversant et très touchant, dans lequel le réalisateur apporte d’une manière subtile un humour noir, sans tomber dans la caricature des personnages. Ce film nous montre un combat acharné mais magistral d’une mère forte, nous transportant dans un tourbillon émotionnel, dans lequel on en ressort troublé.